L'Atlantide
F
D p o l a i re  


L'Atlantide de Platon

 Les courbes de niveaux du plateau de Rockall
Courbes 2D de la plaine de l'Atlantide de Rockall

Début - Présentation de la thèse
Page 1 - L'Atlantide polaire , le plateau du Rockall
Page 2 - Le " printemps éternel" dans l'île du pôle Nord, le mystère du Rocher
page 3 - L'île de l' Atlantide polaire en 3d, le mystère des " île en île "
page 4 - L'art des hommes préhistoriques d'Europe, rescapés Atlantes
page 5 - Les hommes préhistoriques d'Europe et leur marche vers l'Hyperborée
page 6 - Les Européens migrent peu à peu et créent les 1ères pyramides

News : Nouvelles découvertes sur l'Atlantide du Rockall

Le texte de Platon sur  l'Atlantide

Voici le texte écrit par le Grand Platon en 400 av J.Christ

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ATLANTIS
LE TIMEE

« Il y a en Égypte ,» dit Solon, « dans le Delta, vers la pointe duquel le cours du Nil se partage, un certain neume, qu'on appelle Saïtique, et de ce neume, la plus grande ville est Saïs.
- C'est de là qu'était Amasis, le roi - Pour ceux de cette ville, c'est une certaine Déesse qui l'a fondée : en Egyptien son nom est Neith, mais, en Grec, à ce qu'ils disent, c'est Athéna. Or ces gens-là sont très amis des Athéniens et ils affirment être en quelque manière leurs parents. Solon raconta qu'étant arrivé chez eux, il y acquit une grande considération, et que, comme il interrogeait un jour sur les antiquités les prêtres les plus savants en ces matières, il avait découvert que ni lui-même, ni aucun autre Grec n'en avait pour ainsi dire rien su. Et une fois, les voulant induire à parler des vieilles choses, il entreprit de leur raconter ce que nous avons ici de plus ancien. Il leur parla de Phoroneus, celui qu'on appelle le premier homme, de Niobé, du déluge de Deucalion et de Pyrrha et des mythes qu'on rapporte sur leur naissance, et des généalogies de leurs descendants. Et il s'efforça, en supputant les années où se passaient les événements, de calculer leur date. [Les Grecs n'ont pas de souvenirs d'un passé très reculé]. Mais l'un des prêtres, qui était très vieux, de dire : « Solon, Solon, Vous autres Grecs, Vous êtes toujours des enfants : un Grec n'est jamais vieux ! » A ces mots Solon : « Comment l'entendez-vous ? » - Et le prêtre : « Vous êtes jeunes tous tant que vous êtes par l'âme Car en elle vous n'avez nulle opinion ancienne, provenant d'une vieille tradition, ni aucune science blanchie par le temps. [ Causes de cette ignorance. ]. Et en voici la raison. Les hommes ont été détruits et le seront encore et de beaucoup de manières. Par le feu et par l'eau eurent lieu les destructions les plus graves. Mais il y en a eu d'autres moindres, de mille autres façons. Car, ce qu'on raconte aussi chez vous, qu'une fois, Phaéton, fils d'Hélios, ayant attelé le char de son père, mais incapable de le diriger sur la voie paternelle, incendia tout ce qu'il y avait sur la terre et périt lui-même, frappé de la foudre, cela se dit en forme de légende. destruction par meteorite.gifLa vérité, la voici : une déviation se produit parfois dans les corps qui circulent au ciel, autour dedestruction parmeteorite 2.gif la terre. Et, à des intervalles de temps largement espacés, tout ce qui est sur terre périt alors par la surabondance du feu. Alors, tous ceux qui habitent sur les montagnes, dans les lieux élevés et dans les endroits secs, périssent, plutôt que ceux qui demeurent proche les fleuves et la mer [ Situation privilégiée de l'Égypte]. Mais, pour nous, le Nil, notre sauveur en d'autres circonstances, nous préserve aussi de cette calamité-là, en débordant.
Au contraire, d'autres fois, quand les dieux purifient la terre par les eaux et la submergent, seuls, les bouviers et les pâtres, dans les montagnes,destruction par inondation et froid.gif sont sauvés, mais les habitants des villes de chez vous sont entraînés dans la mer par les fleuves. A l'inverse, dans ce pays-ci, ni alors, ni dans d'autres cas, les eaux ne descendent des hauteurs dans les plaines, mais c'est toujours de dessous terre qu'elles sourdent naturellement. De là vient, dit-on, qu'ici se soient conservées les plus anciennes traditions. Mais la vérité est que, dans tous les lieux où il n'y a pour l'en chasser ni un froid excessif, ni une chaleur ardente, il y a toujours, tantôt plus, tantôt moins nombreuse, la race des hommes. Aussi, soit chez vous, soit ici, soit en tout autre lieu dont nous avons entendu parler, s'il s'est accompli quelque chose de beau, de grand ou de remarquable à tout autre égard, tout cela est ici par écrit, depuis l'antiquité, dans les temples, et la mémoire en a été sauvée. Mais, chez vous et chez les autres peuples, à chaque fois que les choses se trouvent un peu organisées en ce qui touche l'écriture et tout le reste de ce qui est nécessaire aux Etats, voici que de nouveau, à des intervalles réglés, comme une maladie, les flots du ciel retombent sur vous et ne laissent survivre d'entre vous que des illettrés et des ignorants. Ainsi, de nouveau, vous redevenez jeunes, sans rien savoir de ce qui s'est passé ici, ni chez vous, dans les anciens temps. Car ces généalogies que vous citiez à l'instant, Ô Solon, ou du moins ce que vous venez d'en parcourir touchant les événements de chez vous, diffèrent bien peu des contes des enfants Et d'abord, vous ne rappelez qu'un seul déluge terrestre, alors qu'il y en a eu beaucoup antérieurement. Et puis, la race la meilleure et la plus belle parmi les hommes, vous ne savez pas que c'est dans votre pays qu'elle est née, ni que, de ces hommes-là, vous et toute votre cité actuelle vous descendez, car un peu de leur semence s'est conservée. Vous l'ignorez, parce que, pendant de nombreuses générations, les survivants sont morts, sans avoir été capables de s'exprimer par écrit. Oui, Solon, il fut un temps, avant la plus grande destruction par les eaux, où la cité qui est aujourd'hui celle des Athéniens, était, de toutes, la meilleure dans la guerre et singulièrement la mieux policée à tous les égards Chez elle, dit-on, furent accomplis les exploits les plus beaux ; il y eut les organisations politiques les meilleures de toutes celles dont nous ouîmes oncques parler sous le ciel. » - Ce qu'ayant entendu, Solon dit s'être fort émerveillé, et, plein de curiosité, avoir prié les prêtres de parcourir exactement et de suite toute l'histoire de ses concitoyens d'autrefois.

ANTIQUITE D ATHENES

Et le prêtre répondit: « Je n'userai point de réticence, mais par égard pour vous, Solon, pour votre cité, et plus encore pour la Déesse qui a protégé, élevé, instruit votre cité et celle-ci, je vous le dirai. De nos deux cités, la plus ancienne est la vôtre et de mille ans, car elle a reçu votre semence de Gaia et d'Héphaistos. Celle-ci est plus récente.

Or, depuis que ce pays-ci est civilisé, il s'est écoulé, portent nos écrits sacrés, le chiffre de huit mille années [ Les lois égyptiennes reproduisent les lois d'Athènes d'il y a neuf mille ans.] C'est donc de vos concitoyens d'il y a neuf mille ans que je vais vous découvrir brièvement les lois, et parmi leurs hauts faits, je vous dirai le plus beau qu'ils aient accompli Pour le détail exact de tout, nous le parcourrons de suite une autre fois, quand nous en aurons le loisir, en prenant les textes eux-mêmes. Or, Comparez d'abord vos lois à celles de cette cité-ci. De nombreux exemples de celles qui existaient alors chez vous, vous les trouverez ici aujourd'hui. En premier lieu, la classe des prêtres séparés de toutes les autres et mise à part, puis la classe des artisans, puisque chaque sorte d'artisans exerce son métier séparément, sans se mêler à aucune autre, la classe des bergers, celle des veneurs et celle des laboureurs. Et pour la classe des combattants, vous avez constaté sans doute qu'elle est également ici distincte de toutes les autres, et qu'à ses membres la loi a prescrit de ne s'occuper de rien, sinon de ce qui concerne la guerre. De même, pour la forme de leur armement, écus et lances, dont les premiers, parmi les peuples qui avoisinent l'Asie, nous avons été armés. Car c'est la Déesse qui, comme en ce pays-ci, vous l'a enseignée, à vous les premiers. Et pour l'esprit, vous voyez sans doute combien la loi en a pris soin par ici, dès le début, ainsi que de l'éducation, et comme elle nous a tout découvert, jusqu'à la divination, et à la médecine qui concerne la santé, depuis ces sciences divines jusqu'à leurs applications humaines, et comment elle nous a fourni de même toutes les autres sciences qui font suite à celles-là. Eh oui, c'est ce même arrangement et celte même organisation que la Déesse vous avait donnés en partage, à vous les premiers. Elle avait élu le lieu où vous êtes nés : elle y avait considéré l'harmonieux mélange des saisons, qui le rendait apte à porter les hommes les plus intelligents. Et, parce que cette Déesse aimait à la fois la guerre et la science, voulant que ce lieu portât les hommes les plus faits à sa ressemblance, c'est lui qu'elle a choisi et peuplé d'abord. Vous l'habitâtes donc, sous des lois semblables aux nôtres et même encore meilleures. Et vous surpassiez tous les hommes en toutes sortes de qualités, comme il sied à des rejetons et à des élèves des dieux. Nombreux et grands furent vos exploits et ceux de votre cité : ils sont ici par écrit et on les admire [ Lutte d'Athènes et des peuples riverains de la Méditerranée contre 1'Atlantide. ] Mais un surtout l'emporte sur tous les autres en grandeur et en héroïsme. En effet, nos écrits rapportent comment votre cité anéantit jadis une puissance insolente qui envahissait à la fois toute l'Europe et toute l'Asie et se jetait sur elles du fond de la mer Atlantique

L' ATLANTIDE

Car, en ce temps-là, on pouvait traverser cette mer. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. Et les voyageurs de ce temps-là pouvaient passer de cette île sur les autres îles, et de ces îles, ils pouvaient gagner tout le continent, sur le rivage opposé de cette mer qui méritait vraiment son nom. Car, d'un côté, en dedans de ce détroit dont nous parlons, il semble qu'il n'y ait qu'un hâvre au goulet resserré et, de l'autre, au dehors, il y a cette mer véritable et la terre qui l'entoure et que l'on peut appeler véritablement, au sens propre du terme, un continent. Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. Cet empire était maître de l'île tout entière et aussi de beaucoup d'autres îles et de portions du continent. En outre, de notre côté, il tenait la Libye jusqu'à l'Egypte et l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie. Or cette puissance, ayant une fois concentré toutes ses forces, entreprit, d'un seul élan, d'asservir votre territoire et le nôtre et tous ceux qui se trouvent de ce côté-ci du détroit. [Rôle d'Athènes dans la guerre contre l'Atlantide ] C'est alors, Ô Solon, que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux de tous son héroïsme et son énergie. Car elle a emporté sur toutes les autres par la force d'âme et par l'art militaire. D'abord à la tête des Hellènes, puis seule par nécessité, abandonnée par les autres, parvenue aux périls suprêmes, elle vainquit les envahisseurs, dressa le trophée, préserva de l'esclavage ceux qui n'avaient jamais été esclaves, et, sans rancune, libéra tous les autres peuples et nous-mêmes qui habitons à l'intérieur des colonnes d'Hercule.

[Disparition de l'Atlantide.]

Mais, dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre effroyables et des cataclysmes.Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre, et de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés. »

Vous avez entendu en bref, ô Socrate, comment Critias ce qu'avait dit le vieux Critias ce qu' il tenait de Solon. Hier, quand vous parliez de la cité et des citoyens que vous décriviez, j'étais dans l'émerveillement, en me rappelant ce que je viens de dire. Je songeais que, par quelque hasard divin et bien à propos, vous vous étiez rencontré, pour la plupart des choses, avec ce que Solon avait dit. Mais je n'ai point voulu le dire incontinent. Car, par l'effet du temps, je ......

IL MANQUE LES SOUVENIRS DE CRITIAS

LE CRITIAS

La Déesse mémoire. Car, c'est bien au pouvoir de cette divinité que réside entièrement ce qu'il y a de plus important dans nos discours. Si nous pouvons nous rappeler suffisamment et reproduire les propos que tinrent autrefois les prêtres égyptiens et que Solon a rapportés en ces lieux, nous apparaîtrons, je le sais, à ce public, comme ayant réalisé notre tâche, ainsi qu'il convient. C'est donc ce qu'il faut faire tout de suite et sans plus tarder.

RESUME DU TIMEE :

Avant tout, rappelons-nous l'essentiel.

Il y a en tout neuf mille ans, depuis que la guerre éclata, dit-on, entre les peuples qui habitaient au-delà des Colonnes d'Hercule et tous ceux qui habitaient à l'intérieur.

C'est cette guerre qu'il nous faut maintenant raconter d'un bout à l'autre. De ce côté, cette cité, nous l'avons dit, en avait la conduite et elle a soutenu la guerre, du commencement jusqu'à la fin. De l'autre côté, commandaient les rois de l'ile Atlantide. Cette île, nous l'avons déjà dit, était alors plus grande que la Libye et que l'Asie réunies. Aujourd'hui qu'elle a été submergée par des tremblements de terre, il n'en reste plus qu'un fonds vaseux infranchissable, obstacle difficile pour les navigateurs qui cinglent d'ici vers la grande mer .

Les nombreux peuples barbares et ce qu'il y avait alors de populations hellènes apparaîtront successivement, à mesure qu'en se déroulant, le fil de mon discours les rencontrera tour à tour. Mais, les Athéniens d'alors et les ennemis qu'ils combattirent, il faut que je vous les présente en commençant, et que je vous fasse connaître les forces et l'organisation politique des uns et des autres. Et entre ces deux peuples mêmes, c'est de ceux de par ici qu'il faut nous efforcer de parler d'abord.

ATHENA RECOIT LA GRECE EN PARTAGE :

Athéna dédiant le livre des Connaissances à la GrèceOr, les Dieux se sont un jour partagé la terre entière, par régions. Partage sans disputes ! Car il serait déraisonnable de croire que les Dieux ignorent ce qui convient à chacun d'eux, ou que, sachant ce qui convenait plus aux uns, les autres aient entrepris de s'en emparer à la faveur de la discorde. En vertu du lotissement fait par Dikê, chacun obtint ce qui lui plaisait et s'établit dans sa région. S'y étant fixés, les Dieux, comme font les bergers pour leurs troupeaux, nous ont élevés comme leurs biens et leurs propres troupeaux. Toutefois, ils ne faisaient pas violence aux corps par la force des corps, comme les bergers, qui mènent paître leurs troupeaux à coups de bâton, mais ils les gouvernaient de la place où l'on mène le plus facilement un animal. Tel le pilote, qui du haut de la poupe, gouverne son navire, les Dieux s'attachèrent à conduire les âmes par la persuasion, comme avec un gouvernail, selon leur dessein propre.Athéna pendant la nuit

C'est par ces procédés qu'ils dirigeaient et gouvernaient toute la race des mortels. Ainsi régnèrent-ils, les uns ici, les autres là, suivant les régions qui leur échurent en partage.
Athena et son frère Hephaistos composant un planHéphaistos et Athéna, qui ont même naturel, premièrement, parce que frère et soeur, ils le tiennent du même père, et secondement parce que leur double amour de la science et de l'art les mène à un même but, reçurent tous deux, en un lot commun et unique, cette contrée-ci. Elle devait leur appartenir en propre, étant naturellement appropriée à la vertu et à la pensée. Y ayant mis comme autochtones des gens de bien, ils organisèrent la cité à leur gré.
De ces autochtones les noms ont bien été conservés, mais leurs oeuvres ont péri, par suite de la disparition de leurs héritiers et de l'immensité des temps écoulés. Toujours, en effet, l'espèce qui survivait, c'était, comme on l'a dit aussi plus haut, celle des montagnards, et elle était inculte. Des princes qui régnaient dans la plaine, elle ne connaissait, et encore par ouï-dire, que les noms et quelque peu de leurs exploits. Ces noms, les hommes d'alors se plaisaient à les donner à leurs enfants. Quant aux vertus et aux institutions de leurs devanciers, ils les ignoraient, ou, du moins, n'ayant, sur chacun d'eux, gardé que quelques obscures traditions, dépourvus, eux et leurs enfants, pendant plusieurs générations, des choses nécessaires à la vie, l'esprit uniquement tendu vers la satisfaction de leurs besoins, y consacrant même tous leurs discours, ils ne se souciaient pas des événements antérieurs et des faits du passé. En effet, les récits légendaires et la recherche rétrospective des antiquités ne font leur apparition dans les Etats qu'avec le loisir et lorsque certains citoyens constatent qu'ils ont réuni tout ce qui est nécessaire à la vie. Ils n'apparaissent jamais plus tôt. C'est pourquoi, seuls, les noms des anciens hommes ont survécu,

[ .... puis texte sur la Grèce ancienne, puis détails sur Athènes ... ]

L'Atlantide , pourquoi les noms grecs :

Quant aux caractères de leurs adversaires et à leur nature originelle nous allons vous les découvrir, afin que ces connaissances nous soient communes, comme à des amis, si toutefois nous n'avons pas perdu le souvenir de ce que nous entendîmes raconter dans notre enfance. Et d'abord, il me faut vous avertir, d'un mot, avant de commencer mon récit, afin que vous ne soyez pas surpris en m'entendant souvent donner à des Barbares des noms Grecs. Apprenez-en la cause. Solon, voulant utiliser ce récit dans ses poèmes, demanda quel était le sens de ces noms. Il découvrit que les Egyptiens, qui, les premiers avaient écrit cette histoire, les avaient transcrits dans leur idiome.

Lui-même, ayant retrouvé la signification de chaque nom, les retraduisit une deuxième fois dans notre langue, pour les écrire. Or, les manuscrits mêmes de Solon étaient chez mon aïeul ; maintenant ils sont encore chez moi et je les ai fort étudiés dans ma jeunesse. Lors donc que vous entendrez des noms pareils à ceux de par ici, n'en soyez pas surpris : vous en connaissez la raison. Voici maintenant quel était à peu près le début de ce long récit.

POSEIDON RECOIT L'ATLANTIDE EN PARTAGE :

Comme on l'a dit plus haut, en parlant du tirage au sort, auquel avaient procédé les Dieux, ils divisèrent toute la terre en lots, plus grands ici, plus petits ailleurs. Ils y instituèrent, en leur propre honneur, des cultes et des sacrifices. C'est ainsi que Poséidon, ayant reçu en partage l'île Atlantide, installa, en certain lieu de cette île, les enfants qu'il avait engendrés d'une femme mortelle. Près de la mer,Une vingtaine de canaux parallèles sillonnent la plaine vallonnée de l'Atlantide mais à hauteur du centre de l'île tout entière, il y avait une plaine, la plus belle, dit-on, de toutes les plaines, et la plus fertile. Et, proche la plaine, et distante de son milieu d'environ cinquante stades, il y avait une montagne partout d'altitude médiocre. Sur cette montagne habitait alors un des hommes qui, dans ce pays-là, étaient, à l'origine, nés de la terre. Son nom était Evénor, et il vivait avec une femme, Leucippe. Ils donnèrent naissance à une fille unique, Clito. La jeune fille avait déjà l'âge nubile, quand son père et sa mère moururent. Poséidon la désira et s'unit à elle. Or, la hauteur sur laquelle elle vivait, le Dieu la fortifia et l'isola en cercle. A cet effet, il fit des enceintes de mer et de terre, petites et grandes, les unes à l'entour des autres. Il en fit deux de terre, trois de mer et il les arrondit pour ainsi dire, en commençant à partir du milieu de l'Île, dont elles étaient partout à égale distance. Ainsi elles étaient infranchissables aux hommes, car il n'y avait encore alors ni vaisseaux, ni navigation. Ce fut Poséidon lui-même qui embellit l'Île centrale et il n'y eut point de peine, étant Dieu.
Il fit jaillir de dessous le sol deux sources d'eau, l'une chaude, l'autre froide et il fit pousser sur la terre des plantes nourricières de toute sorte, en suffisance.
Là, il engendra et il éleva cinq générations d'enfants mâles et jumeaux. Il divisa toute l'î1e Atlantide en dix parties. Au premier-né des deux plus vieux, il attribua la demeure de sa mère et le lot de terre alentour, qui était le plus vaste et le meilleur. Il l'établit en qualité de roi, au-dessus de tous les autres : il fit de ceux-ci des princes vassaux et à chacun d'eux il donna l'autorité sur un grand nombre d'hommes et sur un vaste territoire. A tous, il imposa des noms : le plus ancien, le roi, reçut le nom qui a servi à désigner toute cette île et la mer qu'on appelle Atlantique, parce que le nom du premier roi qui régna alors fut Atlas.
Son frère jumeau, qui était né après lui, obtint en partage l'extrémité de l'île, du côté des Colonnes d'Hercule, en face de la région appelée aujourd'hui Gadirique, d'après ce lieu-là : il se nommait en Grec Eumélos, et dans la langue du pays, Gadiros. Et ce nom qu'on lui donnait est devenu celui du pays. Ensuite, de ceux qui vinrent à la deuxième génération, il appela l'un Amphérès, l'autre Evaimon. A la troisième génération, Mnéséas fut le nom du premier-né, Autochtonos celui du second. De ceux de la quatrième génération, il appela le premier Elasippos et le second Mestor. A la cinquième, celui qui naquit d'abord reçut le nom d'Azaès, celui qui vint ensuite, le nom de Diaprépès. Tous ces princes et leurs descendants habitèrent ce pays pendant de nombreuses générations. Ils étaient aussi maîtres d'un grand nombre d'autres îles de la mer, et, en outre, comme on l'a déjà dit, ils régnaient aussi sur les régions intérieures, de ce côté-ci des Colonnes d'Hercule, jusqu'à l'Egypte et à la Tyrrhénie. Ainsi naquit d'Atlas toute une race nombreuse et chargée d'honneurs. Toujours le plus vieux était roi et il transmettait sa royauté à l'aîné de ses enfants. De la sorte, ils conservèrent le pouvoir pendant de nombreuses générations. Ils avaient acquis des richesses en telle abondance, que jamais sans doute avant eux nulle maison royale en en possédera de semblables et que nulle n'en possédera aisément de telles à l'avenir. Ils disposaient de tout ce que pouvait fournir la ville elle-même et aussi le reste du pays. Car si beaucoup de ressources leur venaient du dehors, du fait de leur empire, la plus grande part de celles qui sont nécessaires à la vie, l'île elle-même les leur fournissait. D'abord tous les métaux durs ou malléables que l'on peut extraire des mines. En premier lieu, celui dont nous ne connaissons plus que le nom, mais dont il y avait alors, outre le nom, la substance même, l'orichalque. On l'extrayait de terre en maints endroits de l'île: c'était le plus précieux, après l'or, des métaux qui existaient en ce temps-là. Pareillement, tout ce que la forêt peut donner de matériaux propres au travail des charpentiers, l'île le fournissait avec prodigalité. De même elle nourrissait en suffisance tous les animaux domestiques ou sauvages. L'espèce même des éléphants y était très largement représentée. En effet, non seulement la pâture abondait pour toutes les autres espèces, celles qui vivent dans les lacs, les marais et les fleuves, celles qui paissent sur les montagnes et dans les plaines, mais elle regorgeait pour toutes, même pour l'éléphant, le plus gros et le plus vorace des animaux. En outre, toutes les essences aromatiques, que nourrit encore maintenant le sol, en quelque endroit que ce soit, racines, pousses ou bois des arbres, résines qui distillent des fleurs ou des fruits, la terre alors les produisait et les faisait prospérer. Elle donnait encore et les fruits cultivés, et les graines qui ont été faites pour nous nourrir et dont nous tirons les farines (nous en nommons céréales, les diverses variétés). Elle produisait ce fruit ligneux, qui nous fournit à la fois des breuvages, des aliments et des parfums, ce fruit écailleux et de conservation difficile, qui a été fait pour nous instruire et nous amuser, celui que nous offrons, après le repas du soir pour dissiper la lourdeur d'estomac et soulager le convive fatigué. Oui, tous ces fruits là, l'île, que le soleil éclairait alors, les donnait, vigoureux, superbes, magnifiques, en quantités inépuisables.

PLAN DE LA CAPITALE

Ainsi, recueillant sur leur sol toutes ces richesses, les habitants de l'Atlantide, les habitants de l'Atlantide construisirent les temples, les palais des rois, les ports, les bassins de radoub et ils embellirent aussi tout le reste du pays, dans l'ordre que voici.

Sur les bras de mer circulaires, qui entouraient la vieille cité maternelle, ils jetèrent d'abord des ponts et ouvrirent ainsi une route vers le dehors et vers les demeures royales.

Ce palais des rois, ils l'avaient élevé, dès l'origine, dans la demeure même du Dieu et de leurs ancêtres. Chaque souverain recevait le palais de son prédécesseur, embellissait à son tour ce que celui-ci avait embelli. Il cherchait toujours à le surpasser autant qu'il le pouvait, au point que quiconque voyait le palais était saisi d'étonnement, devant la grandeur et la beauté de l'oeuvre.

Ils firent, en commençant à la mer, un canal de trois plèthres de large, cent pieds de profondeur et cinquante stades de long et ils le poussèrent jusqu'au bras de mer circulaire le plus extérieur. Aux vaisseaux venus de la haute mer, ils ménagèrent ainsi une entrée, comme en un port. Ils y pratiquèrent un goulet suffisant pour que les plus grands navires y pussent pénétrer. Puis, même dans les enceintes de terre, qui séparaient les cercles d'eau, à la hauteur des ponts, ils ouvrirent des passages, tels qu'une seule trirème pût passer d'un cercle à l'autre, et ils couvrirent ces passages de toits, si bien que la navigation y était souterraine, car les parapets des cercles de terre s'élevaient suffisamment au-dessus de la mer .

La plus grande des enceintes d'eau, celle où pénétrait la mer, était large de trois stades, et l'enceinte de terre qui lui faisait suite avait une largeur égale. Dans le second cercle, l'enceinte d'eau avait deux stades de large et l'enceinte de terre avait encore une largeur égale à la sienne. Mais, l'enceinte d'eau qui entourait immédiatement l' île centrale, n'avait qu'un stade. L'île, dans laquelle se trouvait le palais des rois, avait un diamètre de cinq stades Or, l'île, les enceintes et le pont (qui avait une largeur d'un plèthre ), ils les entourèrent entièrement d'un mur de pierre circulaire Ils mirent des tours et des portes sur les ponts, à tous les endroits où passait la mer. Ils tirèrent la pierre nécessaire de dessous la périphérie de l'île centrale et de dessous les enceintes, à l'extérieur et à l'intérieur. Il y en avait de la blanche, de la noire et de la rouge. Et, en même temps qu'ils extrayaient la pierre ils creusèrent en dedans de l'île deux bassins pour navires, avec le rocher même pour toiture. Et, des constructions, les unes étaient toutes simples : dans les autres, ils entremêlèrent les sortes de pierre et varièrent les couleurs pour le plaisir des yeux, et ils leur donnèrent ainsi une apparence naturellement plaisante. Le mur qui entourait l'enceinte la plus extérieure, ils en revêtirent tout le tour, de cuivre, qui lui fit comme un enduit. Ils recouvrirent d'étain fondu l'enceinte intérieure et quant à celle qui entourait l'Acropole elle-même, ils la garnirent d'orichalque, qui avait des reflets de feu.
Le palais royal, à l'intérieur de l'Acropole, avait la disposition que voici. Au milieu de l'Acropole, s'élevait le temple consacré, à cette place même, à Clito et à Poséidon. L'accès en était interdit et il était entouré d'une clôture d'or. C'est là qu'au début, Clito et Poséidon avaient conçu et mis au jour la race des dix chefs des dynasties royales. Là, chaque année, on venait des dix provinces du pays, offrir à chacun de ces Dieux, les sacrifices de saison. Le sanctuaire même de Poséidon était long d'un stade, large de trois plèthres et d'une hauteur proportionnée. Son apparence avait quelque chose de barbare. Ils avaient revêtu d'argent tout l'extérieur du sanctuaire, à l'exception des arêtes du faîtage : Ces arêtes étaient d'or. A l'intérieur, la couverture était tout entière d'ivoire et partout ornée d'or, d'argent et d'orichalque. Tout le reste, les murs, les colonnes, le pavement, ils le garnirent d'orichalque. Ils y placèrent des statues d'or : le Dieu debout sur son char attelé de six chevaux ailés, et il était si grand que le sommet de sa tête touchait le plafond. En cercle autour de lui, cent Néreides sur des dauphins (tel était leur nombre, croyait-on alors). Il y avait aussi à l'intérieur quantité d'autres statues offertes par des particuliers. Autour du sanctuaire, à l'extérieur, se dressaient, en or, les effigies de toutes les femmes des dix rois et de tous les descendants qu'ils avaient engendrés, et de nombreuses autres grandes statues votives de rois et de particuliers, originaires de la cité même où des pays du dehors sur lesquels elle avait la souveraineté. Par ses dimensions et par son travail, l'autel répondait à cette splendeur, et le palais royal était proportionné à la grandeur de l'empire et à la richesse des ornements du sanctuaire.

Quant aux sources, celle d'eau froide et celle d'eau chaude, toutes deux d'une abondance généreuse et merveilleusement propres à l'usage, par l'agrément et les vertus de leurs eaux, ils les utilisaient, disposant autour d'elles des constructions et des plantations appropriées à la nature des eaux. Ils avaient installé tout autour, des bassins, les uns à ciel ouvert, les autres couverts, destinés aux bains chauds en hiver : il y avait séparément les bains royaux et ceux des particuliers, d'autres pour les femmes, pour les chevaux et les autres bêtes de somme, chacun avec la décoration appropriée. temple Poseidon plantes.gifL'eau qui en provenait, ils la conduisaient au bois sacré de Poséidon. Ce bois, grâce à la vertu du terroir, comprenait des arbres de toutes essences, d'une beauté et d'une hauteur divines. De là, ils faisaient couler l'eau vers les enceintes extérieures, par des canalisations ménagées le long des ponts. De ce côté on avait aménagé des temples nombreux pour beaucoup de Dieux, force jardins, force gymnases pour les hommes ou manèges pour les chevaux. Ces derniers avaient été construits à part dans les îles annulaires, formées par chacune des enceintes. Entre autres, vers le milieu de la plus grande île, ils avaient réservé, pour les courses de chevaux, un manège, large d'un stade et assez long pour permettre aux chevaux de faire, en course, le tour complet de l'enceinte. Tout autour, d'un bout à l'autre, de distance en distance, il y avait des casernes pour presque tout l'effectif de la garde du prince. Les corps de troupe les plus sûrs étaient logés dans l'enceinte la plus petite, la plus proche de l'Acropole. Et pour ceux qui se distinguaient entre tous par leur fidélité, on leur avait affecté des logements à l'intérieur même de l'Acropole, près du palais royal. Les arsenaux étaient pleins de trirèmes et de tous les agrès nécessaires pour armer des trirèmes, et le tout était arrimé dans un ordre parfait. Et voilà comment tout était disposé autour de la demeure des rois.
capitale Atlantide mer.gifQuand on traversait les ports extérieurs, au nombre de trois, on trouvait un rempart circulaire, commençant à la mer et partout distant de cinquante stades de l'enceinte la plus vaste, qui formait le plus grand port. Et ce rempart venait se refermer sur lui-même au goulet du canal qui s'ouvrait du côté de la mer. Il était tout entier couvert de maisons nombreuses et pressées les unes contre les autres.
Quant au canal et au port principal, ils regorgeaient de vaisseaux et de marchands venus de partout Leur foule y causait jour et nuit un vacarme continuel de voix, un tumulte incessant et divers.

Géographie de l'Atlantide, organisation :
Sur la ville et sur l'ancienne demeure Géographie des rois, on a ainsi rapporté à peu près tout ce que la tradition en conserve.

Essayons maintenant de rappeler quelle était la disposition du reste du pays, et comment il était organisé. En premier lieu, le territoire tout entier était élevé, dit-on, et il dominait la mer à pic. Mais, tout le terrain autour de la ville était plat.
plaine au milieu.gif
Cette plaine entourait la ville et elle était elle-même encerclée de montagnes qui se prolongeaient jusqu'à la mer Elle était plate, de niveau uniforme, oblongue dans l'ensemble ; elle mesurait sur les côtés trois mille stades, et deux mille, au milieu, depuis la mer qui se trouvait au bas. Cette région, dans toute l'île, était orientée face au Sud et à l'abri des vents du Nord. On vantait les montagnes qui l'entouraient, et qui dépassaient en nombre, en grandeur et en beauté, toutes celles qui existent aujourd'hui. Il y avait dans ces montagnes, de nombreux villages riches en habitants, des fleuves, des lacs, des prairies capables de nourrir quantité de bêtes sauvages ou domestiques, des forêts en si grand nombre, et d'essences si variées qu'elles donnaient en abondance des matériaux propres à tous les travaux possibles.
Or, cette plaine, à la fois par l'action de la nature et par l'oeuvre de beaucoup de rois, pendant une durée très longue, avait été aménagée comme suit.
Elle avait, je l'ai dit, la forme d'un quadrilatère, à côtés presque rectilignes, et allongé. Là où les côtés s'écartaient de la ligne droite, on avait corrigé cette irrégularité, en creusant le fossé continu qui entourait la plaine. Quant à la profondeur, à la largeur et au développement de ce fossé, ce qu'on en dit est difficile à croire et qu'un ouvrage, fait de main d'homme, ait pu avoir, par comparaison aux autres travaux de ce genre, de telles dimensions Pourtant, il faut répéter ce que nous avons ouï dire. Le fossé fut creusé à un plèthre de profondeur ; sa largeur était partout d'un stade, et, comme il était creusé autour de la plaine tout entière, sa longueur était de dix mille stades. Il recevait les cours d'eau qui descendaient des montagnes, faisait le tour de la plaine, revenait de part et d'autre vers la ville, et, de là, allait se vider dans la mer. Depuis la partie haute de ce fossé, des canaux rectilignes, larges d'environ cent pieds étaient découpés dans la plaine, puis allaient joindre le fossé, près de la mer. Chacun d'eux était distant des autres de cent stadescanaux.gif. Pour charrier à la ville le bois des montagnes, et pour amener par bateaux les autres produits de saison, on avait creusé, à partir de ces canaux, des dérivations navigables, de direction oblique les unes par rapport aux autres et par rapport à la ville. Notez que les habitants recueillaient deux fois l'an les produits de la terre : l'hiver, ils utilisaient les eaux du ciel; l'été, celles que donnait la terre, en dirigeant leurs flots hors des canaux.

En ce qui touche le nombre des hommes de la plaine bons pour la guerre, il avait été fixé que chaque district fournirait un chef de détachement. La grandeur du district était de dix stades sur dix, et il yen avait, en tout, six myriades. Quant aux habitants des montagnes et du reste du pays, ils étaient, disait-on, en nombre immense, et tous, suivant les emplacements et les villages, avaient été répartis entre les districts et sous le commandement de leurs chefs.

Il était prescrit que chaque chef de détachement fournirait pour la guerre, un sixième de char de combat, jusqu'à concurrence de dix mille chars ; deux chevaux et leurs cavaliers, en outre un attelage de deux chevaux, sans char, portant un combattant porté, avec un petit bouclier, et le combattant monté chargé de conduire les deux chevaux, deux hoplites, deux archers, deux frondeurs, trois fantassins légers armés de pierriers, trois autres armés de javelots et enfin quatre marins, pour former au complet les équipages de douze cents navires. Telle était l'organisation militaire de la cité royale. Pour les neuf autres provinces, chacune avait la sienne, et il faudrait longtemps pour les expliquer .

En ce qui concerne l'autorité et les charges publiques, elles furent, dès le début, organisées de la façon que voici. Des dix rois, chacun exerçait le pouvoir dans la partie qui lui revenait, et dans sa cité commandait aux citoyens, faisait la plupart des lois, pouvait châtier et mettre à mort qui il voulait. Mais, l'autorité des rois les uns sur les autres et leurs rapports étaient réglés d'après des décrets de Poséidon. La tradition le leur prescrivait, ainsi qu'une inscription gravée par les premiers rois sur une colonne d'orichalque, qui se trouvait au centre de l'ile, dans le temple de Poséidon.

Le culte du taureau :

Les rois se réunissaient là périodiquement, tantôt tous les cinq, tantôt tous les six ans, faisant alterner régulièrement les années paires et les années impaires. Dans cette réunion, ils délibéraient sur les affaires communes, ils décidaient si quelqu'un d'entre eux avait commis quelque infraction et ils jugeaient. Lorsqu'ils devaient rendre la justice, ils se donnaient d'abord mutuellement leur foi, en la forme que voici. On lâchait des taureaux dans l'enclos sacré de Poséidon. Les dix rois, restés seuls, après avoir prié le Dieu de leur faire capturer la victime qui lui serait agréable, se mettaient en chasse, sans armes de fer, avec seulement des épieux de bois et des filets. Celui des taureaux qu'ils prenaient, ils le menaient à la colonne et l'égorgeaient à son sommet, comme il était prescrit. Sur la colonne, outre les lois, il y avait, gravé, le texte d'un serment qui proférait les anathèmes les plus terribles contre qui le violerait. Après donc qu'ils avaient effectué le sacrifice conformément à leurs lois et consacré toutes les parties du taureau, ils remplissaient de sang un cratère et aspergeaient d'un caillot de ce sang chacun d'eux. Le reste, ils le mettaient au feu, après avoir fait des purifications tout autour de la colonne. Ensuite, puisant du sang avec des coupes d'or dans le cratère, et le versant dans le feu, ils faisaient le serment de juger en conformité avec les lois inscrites sur la colonne, de châtier quiconque les aurait violées antérieurement, de n'enfreindre de plein gré, à l'avenir, nulle des formules de l'inscription, de ne commander et de n'obéir que conformément aux lois de leur père. Chacun prenait cet engagement pour lui-même et pour toute sa descendance. Puis il buvait le sang et remettait la coupe et l'ex-voto dans le sanctuaire du Dieu. Après quoi, il soupait et vaquait aux autres occupations nécessaires.

Quand l'obscurité était venue et que le feu des sacrifices était refroidi, tous revêtaient de très belles robes d'azur sombre et ils s'asseyaient à terre, dans les cendres de leur sacrifice sacramentaire. Alors, dans la nuit, après avoir éteint toutes les lumières autour du sanctuaire, ils jugeaient et subissaient le jugement, si l'un d'eux en accusait un autre d'avoir commis quelque infraction. La justice rendue, ils gravaient les sentences, le jour venu, sur une table d'or, qu'ils consacraient en souvenir, ainsi que leurs robes.

Il y avait, de plus, beaucoup d'autres lois spéciales sur les attributions propres de chacun des rois. Les plus notables étaient : ne point prendre les armes les uns contre les autres, s'entre-secourir tous, si l'un d'eux avait tenté, dans une cité quelconque, de chasser une des races royales, délibérer en commun, comme leurs ancêtres, échanger leurs avis, au sujet de la guerre et des autres affaires, en laissant toujours l'hégémonie à la race d'Atlas Un roi n'était pas maître de donner la mort à aucun de ceux de sa race, si tel n'était pas l'avis de plus de la moitié des dix rois.

LA DESOBEISSANCE :

Or, cette puissance, d'une nature telle et si grande, qui existait alors en ce pays, le Dieu la dirigea lui-même contre nos régions, à ce qu'on rapporte, pour quelque raison du genre que voici.

Pendant de nombreuses générations, et tant que domina en eux la nature du Dieu, les rois écoutèrent les lois et demeurèrent attachés au principe divin, auquel ils étaient apparentés. Leurs pensées étaient vraies et grandes en tout ; ils usaient de bonté et aussi de jugement en présence des événements qui survenaient, et les uns à l'égard des autres. Aussi, dédaigneux de toutes choses, hors la vertu, faisaient ils peu de cas de leurs biens : ils portaient comme un fardeau la masse de leur or et de leurs autres richesses, ne se laissaient pas griser par l'excès de leur fortune, ne perdaient pas la maîtrise d'eux-mêmes et marchaient droit.

Avec une clairvoyance aiguë et lucide, ils voyaient bien que tous ces avantages s'accroissent par l'affection réciproque unie à la vertu, et qu'au contraire, le zèle excessif pour ces biens et l'estime qu'on en a font perdre ces biens eux-mêmes, et que la vertu aussi périt avec eux. Par l'effet de ce raisonnement et grâce à la présence persistante du principe divin en eux, tous les biens que nous venons d'énumérer ne cessaient de s'accroître à leur profit. Mais, quand l'élément divin vint à diminuer en eux, par l'effet du croisement répété avec de nombreux éléments mortels, quand domina le caractère humain, alors incapables désormais de supporter leur prospérité présente, ils tombèrent dans l'indécence. Aux hommes clairvoyants, ils apparurent laids, car ils avaient laissé perdre les plus beaux des biens les plus précieux. Au contraire, aux yeux de qui ne sait pas discerner quel genre de vie contribue véritablement au bonheur, c'est alors qu'ils semblèrent parfaitement beaux et bienheureux, tout gonflés qu'ils étaient d'injuste avidité et de puissance. Et le Dieu des Dieux, Zeus, qui règne par les lois, et qui, certes, avait le pouvoir de connaître tous ces faits, comprit quelles dispositions misérables prenait cette race, d'un caractère primitif si excellent. Il voulut leur appliquer un châtiment, afin de les faire réfléchir et de les ramener à plus de modération. A cet effet, il réunit tous les Dieux, dans leur plus noble demeure : elle est située au centre de l'univers et elle voit de haut tout ce qui participe du devenir. Et, les ayant rassemblés, il dit :

Fin